Les douzes travaux d’Hannibal

Déjà que New York a amené l’astucieuse mode des vélos à pignon fixe pour se faufiler dans les embouteillages et mourir en ville, maintenant voila que la Grosse Pomme Fétide, après nous avoir inventé le be-bop, le hip hop et le twin-towers drop, nous apporte maintenant le thug work out ou bartendaz ou comment se crucifier dans tous les sens. Ecartez mamie de la barre ! Non ! Non ! Son déambulateur n’est pas conçu pour faire des dips ! Les racines se trouveraient en prison ou les prisonniers s’entraînent avec un rien. Alors c’est vieux comme le monde me direz-vous…

Rien ne vaut leurs vidéos ghettos pour comprendre la saine folie de ces athlètes de rue. Le principe : détourner le mobilier urbain pour faire des exercices de musculation qui ressemblent parfois à des supplices masochistes, surtout à base de tractions avec n’importe quelle barre fixe ou barres parallèles qui se présentent ; le plus souvent dans des squares, le crew des Bartendaz sont d’ailleurs peut-être en train de faire d’un simple square un lieu mythique, une Mecque des pecs.
Certains tours de force peuvent ressembler à ceux du cirque, d’autres à ceux des gymnastes, mais il y a aussi des mouvements totalement inventés qui peuvent faire penser à de la danse hip hop en lévitation. La philosophie est l’art du recyclage, le même que le hip hop, convertir le négatif en positif, en l’occurence transformer Babylone en un terrain de jeux olympique, l’essence sans plomb en or musculaire avec poumons, c’est de l’alchimie. Ce sont des alchimistes, des artistes, des contorsionnistes, d’immenses sportifs et pour la plupart des noirs issus des projects, les mêmes qui jouent au basket dans des grillages.

Les afro-américains auraient-ils un gène de plus pour créer de tels amusements ? Il y a certes des différences d’architecture et de culture qui permettent de s’entraîner ainsi en pleine rue.
Dans les squares parisiens il y a toujours un agent de la mairie pour reconduire le sportif hors de l’enceinte, et ce même par des températures négatives où aucun gamin ne joue au risque de devenir un glaçon. Véridique, c’est du vécu que je partage là,  je fais des tractions avec modération par hygiène de vie depuis l’age de 15 ans même si maintenant la bière opère son travail de sape, et j’aime ponctuer mes runnings par quelques petites séries quand je trouve une barre, ah la fameuse barre manque à Paris, messieurs.

Nous avons malgré tout eu les inouïs Yamakasis et leur saisissant art du déplacement en milieu urbain.

Oui mais le crew des Bartendaz ne se feront pas récupérés et abusés : Yamakasi sur wikipedia est un film, aucune trace de la confrérie. Les Bartendaz restent indépendants, sortent leurs DVD’s qui suintent la suie des rues New Yorkaises avec des BO assurées par D-Block. Je précise que je ne suis pas un zélateur de New York, je m’en contrebalance et ne veut pas concurrencer les nostalgiques de garde. La nostalgie devient un bizness, aujourd’hui tout est bon pour sauver des carrières haha. Je préfère largement NougaYork à We Luv New York. Zappons : il se dégage un côté pour le peuple dans le thug work out. Guère de branlette mentale dans le thug work out, cette branche c’est moi qui m’en charge : la branlette mentale étant ma spécialité depuis des années. Les exercices sont dans l’ensemble plus abordables que les acrobaties des Yamakasis, d’ailleurs certains mouvements sont entrés dans les salles de fitness par le biais du leader des Bartendaz qui a l’air d’être un business-man, comme quoi ça sert d’être un gangster dans ce monde de squales.
Vous me direz pourquoi payer une fortune pour faire ce que l’ont peut faire dans la rue, le seul investissement est dans une paire de gants de manutention comme le dit Mike Davis Joseph. En fait l’abonnement des salles coûte cher parce-que c’est une agence matrimoniale, un lieu de drague où hommes et femmes actives s’activent et s’observent à travers les miroirs qui parsèment l’espace. Bon, si vous faites du thug work out vous pouvez aussi taper dans l’oeil d’une passante, elle s’arrête, vient vous voir et vous invite à monter… nan ok  ce n’est pas attesté.

Je ne vois que deux défaut à cette pratique. D’abord faire des efforts en milieu pollué, en effet une hyper-ventilation au milieu des pots d’échappement peut provoquer des crises d’asthme, là encore je sais de quoi je parle, malheureusement.
Ensuite autre inconvénient majeur : ce sport ne développe que le buste, il est donc nécessaire de compenser avec une autre activité, sinon on finit par avoir des dorsaux si disproportionnés que l’on ressemble à un ptérodactyle.

A tout seigneur tout honneur. Le plus impressionnant que j’ai vu est un dénommé Hannibal, ce qu’il exécute avec son corps, je ne pensais pas qu’un humain pouvait l’accomplir. Son homme-drapeau n’a pas à rougir face à celui de Dominic Lacasse, à part les jambes arquées à force de marcher avec un baggy. Hannibal a l’air reclus dans son square, isolé quand ses collègues se regroupent, il passe des heures et des heures à enchaîner les prouesses physiques par assouvissement. Hannibal est une légende vivante.


En conclusion, après un tel article vous êtes libre de penser que je suis homosexuel.

2 Réponses to “Les douzes travaux d’Hannibal”

  1. Jeanphi Says:

    Pas normal d’être le premier à commenter.
    J’ai pris du plaisir à lire l’article, ça glisse tout seul et c’est drôle. J’espère en trouver d’autres dans ce genre sur ton blog.
    (Et merci pour les sons.)

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